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C’est d’abord vers les professions libérales qu’il oriente sa carrière. Ainsi, en 1953,
il obtient une maîtrise en administration de l’Université Laval et à compter de
1961, il se fait connaître à titre de fondateur et propriétaire des magasins « Le
Mobilier International » où il introduit le design moderne au Québec et qu’il opère
jusqu’en 1985. Mais passionné par la peinture depuis sa jeunesse et encouragé par
Gérard Zannettin et certains grands noms de sa Galerie, il consacre tous ses
moments de loisirs à la peinture et ne tarde pas à faire sa marque.
Peintre figuratif à ses débuts, il reproduit son habitat naturel, les paysages urbains
de Québec. Sa première exposition solo au Foyer du Palais Montcalm en avril 1958
soulève l’enthousiasme des critiques d’art. L’Action Catholique, le Chronicle
Telegraph, L’Événement, la Patrie et Le Soleil ne tarissent pas d’éloges à son
sujet. « Ses tableaux témoignent d’une grande recherche poétique, d’un
dépouillement de forme qui ne laisse subsister que l’essentiel », commente Le
Soleil. « Il s’agit d’un artiste complet », de renchérir un autre journal.
À la suite d’une nouvelle exposition la même année, il obtient une bourse de la
Fondation Greenshields qui lui permet de faire un séjour d’études de plusieurs mois
en Europe.
De retour au pays, on le retrouve d’abord peignant des goélettes, ces vestiges du
passé maintenant complètement disparus des eaux du St-Laurent.
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Prémonition
sans doute, voilà qu’il s’intéresse par la suite à une autre espèce en voie de
disparition : les religieuses! Cette nouvelle période nous permet de mieux
découvrir l’homme derrière l’artiste. En effet, rien d’austère chez les nonnes de
Benoît Côté. Elles déambulent joyeusement « toutes voiles dehors » et on les sent
prêtes à sauter la clôture !
Son style évolue graduellement, de figuratif vers l’abstrait, passage que s’empresse
de souligner les deux grands quotidiens de la ville de Québec. Le Soleil et L’Action
Catholique, qui saluent en lui l’un des « meilleurs jeunes peintres canadiens ». En
mars 1961, on le retrouve aux côtés des Edmund Alleyn, Aristide Gagnon, Jean-Paul
Lemieux et Claude Picher. Cette exposition du « Groupe des Cinq » pour reprendre
l’expression du critique d’art du Soleil, crée une véritable sensation dans la Vieille
Capitale. « C’est sans contredit la plus authentique exposition de peintures
offertes depuis longtemps au public québécois », déclare L’Action Catholique. Pour
Paule-France Dufaux, les oeuvres de Benoît Côté qui sont à « mille pourcent
abstraites, coupent littéralement le souffle » (Le Soleil, 18 mars 1961).
Premier chez les peintres québécois à s’intéresser aux oies blanches, le sujet
exerce une fascination sur Benoît Côté. D’abord à l’Île aux Oyes, qu’il fréquente
régulièrement, puis, de sa résidence à l’Île d’Orléans, où il habite depuis 1961, il
les observe, elles le captivent.
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Déjà en 1965 et 1966, il présente deux expositions
ayant pour sujet les oies blanches.
Mais Benoît Côté, personnalité aux multiples facettes, ne cessent de surprendre.
Voilà que l’espace d’un clin d’oeil, il troque l’Île d’Orléans pour les Antilles et qu’il
propose à son public un groupe de tableaux sous le thème « Black is Beautiful ».
Chacune de ses toiles de la vie quotidienne dans les Antilles est un véritable chant
d’humour et de tendresse.
Après avoir mené de front ou successivement une carrière d’artiste et d’homme
d’affaires pendant plusieurs années, en 1985 il devient « artiste à plein temps ».
C’est alors que les oies blanches, son sujet de prédilection, reprennent tous leurs
droits. « Pour moi, dit Benoît Côté, les oies blanches sont comme une toile
blanche, vierge, sur laquelle je peux tout exprimer. Quant à la forme, elle éclate
naturellement ». En homme d’action, il puise son inspiration dans l’énergie qui se
dégage du vol et du cri des bancs d’oies. Sous sa main, les oies deviennent de
véritables personnages dont les mouvements s’apparentent à des scènes de vie.
« En fait, de poursuivre le peintre, c’est souvent après avoir peint un tableau que
l’action qu’il représente s’impose tout naturellement: la danse, la noce, la
mort… »
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